J’ai eu plusieurs fois cette question de la part de fidèles lectrices, qui m’ont demandée pourquoi je suis passée en maison d’édition (ME) après 3 ans d’auto-édition (AE) pour Le Prince Maudit.

La réponse relève de plusieurs facteurs.

Une opportunité, d’abord. Je n’ai jamais démarché de ME, ce sont eux qui sont venus vers moi. J’ai failli refuser, mais la caution d’une amie et les arguments de l’éditeur m’ont convaincue.

Offrir un meilleur « produit », ensuite. Il faut savoir que je travaille seule sur mes textes, depuis l’idée première jusqu’au roman que vous avez entre les mains. Je n’ai ni beta-reader, ni correcteur, personne. Je fais/faisais mes couvertures seule également (j’y reviendrais).

On m’a souvent dit qu’il y avait des fautes et mots manquants dans mes histoires. Je ne pense pas écrire un français trop épouvantable, je lis et je relis, je corrige, je passe Antidote, un correcteur informatique performant. Mais à force de relire mon texte, je ne le « vois » plus, je ne vois pas les mots manquants, ma grande faiblesse. En passant par une ME, j’ai eu droit à un correcteur pro qui a non seulement corrigé mes fautes, mais souligné mes répétitions, un autre de mes soucis.

Je voulais aussi offrir à mes lectrices une belle couverture pour mes histoires. Depuis le début, je les fabrique seule. J’achète une photo sur une banque de données d’images, comme DepositPhoto ou Fotolia, et je crée la couverture avec un logiciel genre Photoshop (genre, parce que je n’ai pas Photoshop). Je recadre la photo si besoin, je travaille sur le contraste, je fais les écritures (titre, nom d’auteurs) et je travaille dessus pour les intégrer le mieux possible à l’image. Ce n’est pas du tout mon métier, je n’ai aucune formation de graphiste (ni d’ailleurs d’écrivain, mais bon !!!) J’ai pensé avoir avec une ME l’opportunité d’avoir une couverture pro. Sur ce point, j’ai été un peu déçue. Je m’attendais, j’espérais, j’avais demandé, pour le Prince Maudit, une couverture dans le genre de celle de H.V. Gavriel (si vous ne connaissez pas ses loups M/M, foncez !) et la couverture du Prince Maudit m’a un peu déçue à ce niveau. Mais sur ce point, comme sur d’autres, c’est l’éditeur qui a le dernier mot.

Enfin, je voulais agrandir mon lectorat. Eh oui, j’ai eu de l’ambition. My bad. Je voulais conquérir plus de lectrices via une promotion professionnelle que je suis incapable de faire, n’ayant ni les moyens ni les réseaux nécessaires. Sur ce point, dont j’ai parlé dans le post précédent, j’ai été clairement échaudée. Or, c’était surtout pour cela que j’avais signé. L’éditeur lui-même a reconnu qu’il n’avait pas assuré sur ce coup-là.

Je savais qu’il y aurait une contrepartie négative pour mes lectrices comme pour moi, et c’est là que nous allons parler chiffres et thune. En passant par une ME, je renonçais à mes royalties Amazon, pour entrer dans le circuit des ME qui, en numérique, vous proposent des droits d’auteurs entre 15 et 20%. Il fallait donc beaucoup, beaucoup vendre pour que je parvienne à gagner la même chose qu’en AE. Cela n’a pas été le cas, comme déjà dit dans le post précédent. J’ai à peine atteint le niveau de mes ventes directes (sans compter ce que me rapportent les lectures en Kindle Unlimited).

Les lectrices ont malheureusement vu le prix de vente du Prince Maudit être bien supérieur à mes prix habituels. Il faut savoir que sur ce prix, l’éditeur paye l’auteure (donc moi, avec mes 15 à 20%)), le correcteur (en gros, une correction de roman coûte entre 300 et 500  €, eh oui, c’est cher aussi), mais aussi le distributeur et se rémunère lui-même. Sans parler du graphiste si ce n’est pas l’éditeur/graphiste qui fait la couverture lui-même. D’où un prix de vente plus élevé qu’en AE.

Le résultat a-t-il été à la hauteur ? Oui et non. Du côté du texte, je dirais que le résultat a été à la hauteur de mes espérances. Mon éditeur m’a poussée à écrire un texte plus long, à développer mes personnages, m’a fait des remarques pertinentes sur certaines scènes. Le correcteur a bien « nettoyé » le texte de ses scories. Je suis par contre un peu déçue par la couverture. On ne va pas se voiler la face, les filles, on aime des mecs sexy sur les couvertures de nos M/M. Cela ne veut pas dire forcément torse nu, d’ailleurs, ce n’était pas ce que je voulais pour ce titre. Mais question sexyness, j’ai été déçue. Pour la promo, vous connaissez déjà la réponse.

Donc, vous avez eu entre les mains un produit de qualité, même si la couverture n’est pas top. Je ne sais pas s’il y aura une version papier. C’était prévu, mais pour l’instant, je n’ai pas de nouvelles. Je vais tout faire pour vous proposer une version papier, mais tout dépendra du bon vouloir de l’éditeur.

Dernière question qu’on m’a posée : est-ce que j’ai récupéré mes droits d’auteurs ? La réponse est oui. J’avais touché un à valoir et il couvre pour l’instant mes droits d’auteurs. Je n’ai donc pas de perte financière. Mais comme m'a dit une copine auteure "ça ne vaut pas le coup". 

Dans un prochain post, je vous dirai pourquoi mes prochains romans en AE seront d’une bonne qualité, sinon pro, du moins encore meilleure que d’habitude.

Je veux conclure ce post en disant une chose : j’ai beaucoup appris durant cette année avec une ME, surtout ce que je ne voulais pas faire ! J’ai été épuisée par cette expérience. Je crois que je suis faite pour travailler en solitaire. J’ai un titre prévu cette année avec une ME, mais pour tout le reste, ce sera en AE, avec un petit prix et j’espère, une grande qualité.

Je vous fais de gros bisous et à bientôt pour vous parler… d’un certain pirate ;-)